Favicon Curly CVV

🧬 Le gène EHMR : une avancée décisive pour comprendre et prévenir l’EHM (Myéloencéphalopathie herpétique équine)

Lire l'article :

1. Qu’est-ce que l’EHV‑1 et l’EHM ?

L’Equine Herpes Virus de type 1 (EHV‑1) est un virus très répandu chez les chevaux. Il entraîne notamment :

  • des symptômes respiratoires (fièvre, toux, écoulement nasal),
  • des avortements chez les juments gestantes,
  • et plus rarement, une forme neurologique grave appelée EHM (Myéloencéphalopathie herpétique équine).

Cette forme neurologique se traduit par une inflammation vasculaire, des caillots, des lésions nerveuses : incoordination, faiblesse des membres, perte de tonus caudal, léthargie, parfois paralysie et décès.

2. Protocoles de contamination et étendue du risque

  • La période d’incubation est généralement de 4 à 6 jours, mais peut être aussi courte que 24 heures.
  • La contagion se fait par contact direct (sécrétions nasales) et indirect (équipement, personne, air contaminé)
  • Lorsqu’un cheval infecté développe des symptômes neurologiques, le taux de mortalité atteint 20–40 %, avec une progression souvent rapide (24–48 h)
  • Environ 8 % des chevaux exposés à EHV‑1 développent des symptômes neurologiques sévères.

3. Le marqueur génétique EHMR

Une étude GWAS a identifié une variante génétique dans le gène TSPAN9 (intron BIEC2_946397), associée à un risque accru d’EHM

  • Ce marqueur est nommé EHMR (Equine Herpes Myeloencephalopathy Risk).
  • Il existe deux génotypes :
    • G/G ou G/A : présence d’une ou deux copies à risque → risque multiplié par 1,43 de développer EHM en cas d’infection 
    • A/A : aucun risque génétique → risque plus faible.

4. Prévalence de la variante EHMR

D’après les études menées : 3 chevaux sur 4 sont porteurs (homozygotes ou hétérozygotes) de cette variante à risque

5. Que signifie être EHMR/EHMR ?

  • Un cheval EHMR/EHMR (2 copies) présente une vulnérabilité accrue, mais cela ne garantit pas qu’il développera une EHM, seulement qu’il est 1,43 fois plus exposé s’il contracte EHV‑1 
  • Même un seul allèle à risque (EHMR/N) augmente légèrement le risque.

6. Enjeux pratiques et mesures recommandées

A. Diagnostic & gestion épidémique

  • Tester les chevaux permet de connaître leur sensibilité individuelle.
  • Lors d’épidémie ou suspicion d’EHV‑1, il devient possible :
    • de renforcer les protocoles sanitaires (désinfection, isolement, surveillance),
    • d’adapter le calendrier vaccinal et la gestion des déplacements du cheval.

B. Sélection & élevage

  • Connaître le statut EHMR permet :
    • d’éviter de croiser deux porteurs, réduisant le risque d’avoir des descendants EHMR/EHMR,
    • d’informer les acheteurs, éleveurs, cavaliers sur le profil santé du cheval.

7. Le test disponible

Un test ADN est disponible par simple prélèvement de crins, avec résultat disponible en 7 à 10 jours.
Les résultats sont confidentiels, personnalisables, et consultables en ligne ou utiles pour partager à des acheteurs potentiels.

8. Perspectives et recherche

  • L’identification d’EHMR s’inscrit dans une politique préventive et personnalisée, fondée sur la génétique.
  • Elle complète d’autres tests récents (anaf-hidrose, troubles de la coagulation…).
  • L’étude du rôle de TSPAN9 ouvre la porte à des stratégies ciblées de gestion des cas affectés.

🧩 Conclusion

Le test EHMR/EHM offre aujourd’hui une vision proactive de la santé équine :

  • Permettant une évaluation personnalisée du risque neurologique en cas d’exposition à EHV‑1.
  • Offrant des leviers concrets pour prévenir l’apparition de la forme grave.
  • Et facilitant des choix éclairés en élevage, achats et gestion sanitaire.